Yennayer, entre la vérité historique et l’imposture raciste -Dehbi Abdelkader أ ذهبي عبد القادر – يناير : ما بين الحقيقة التاريخية و التزوير العنصري

Tribune Libre – Dehbi Abdelkader

Afin d’éviter toute confusion et parler de la même chose, il faut préciser d’entrée de jeu que le terme de Yennayer dont il est question ici, c’est le Jour du 1er Janvier dans l’ancien Calendrier Julien et qui correspondra cette année au 14 Janvier Grégorien. Yennayer est une fête populaire, familiale, à connotation agraire, traditionnellement concélébrée à travers le Grand Maghreb, généralement la veille du 1er Janvier Julien, à savoir, pour cette année , le lundi 13 Janvier au soir.

Rappelons que le terme “Yennayer” est dérivé du nom latin originel du mois de Janvier, qui s’écrit : Iānŭārĭus

sans-titre
et dont la transcription arabe “يناير”
ou anglaise “January” est assurément plus respectueuse,
phonétiquement et graphiquement, du terme latin, que ne le fait la langue française ; une langue française connue pour sa propension à déformer et à altérer les langues – surtout l’arabe – souvent par déni de l’autre ou par intention péjorative, comme pour le nom sacré de Mohammad, le prophète de l’Islam – Le Salut soit sur Lui – que cette langue française persiste depuis des siècles, malgré les protestations des musulmans, à désigner sous le terme déformé de “Mahomet”. Il en est de même pour quelques noms illustres du patrimoine intellectuel et scientifique du monde arabo musulman, comme “Avicenne” pour Ibn Sina, ou Averroès pour Ibn Rochd. Comme pour leur dénier le droit d’être des arabes, des musulmans. Mais c’est là un autre débat…

Et revenons-en à Yennayer :

Le terme Yennayer a toujours été utilisé à la fois par la langue arabe et par la langue amazighe, pour désigner le mois de Janvier par lequel débutait l’année solaire-agraire, après la réforme introduite avec le Calendrier Julien. Yennayer n’est donc en réalité, qu’une simple survivance de l’ancien Calendrier solaire de 365 jours, en usage depuis la nuit des temps, chez tous les peuples du Proche et Moyen-Orient et de l’Afrique du Nord – Babyloniens, Mésopotamiens, phéniciens, Philistins, Egyptiens… etc., et Maghrébins. Et bien entendu chez les Grecs et les Romains. Un calendrier solaire-agraire qui s’est calé tout naturellement sur la correction apportée par le Calendrier Julien et entrée en vigueur en l’An 45 av. J-C, ajoutant 1 jour tous les 4 ans, par l’introduction de l’année dite bissextile qui compte 366 jours au lieu de 365. Yennayer était donc célébré le 31 Décembre de l’année julienne au soir, à la veille de la nouvelle année solaire, débutant le 1er Janvier (ou 1er Yennayer).

Or, depuis l’avènement des années 2000, par suite d’une erreur grossière due à leur ignorance du comput calendaire, certains charlatans doublés d’aventuriers politiques, se réclamant de telle ou telle association berbériste, n’ont pas hésité à endosser l’habit de “pontifex” des temps modernes, en avançant arbitrairement d’un jour, la date du 1er Yennayer ou 1er Janvier de l’année Julienne, pour la fixer au… 12 Janvier pour toutes les années du présent siècle (2001 – 2100) ; commettant ainsi une double erreur:

– Celle d’avoir considéré à tort, l’année séculaire 2000 comme étant non bissextile – comme les années séculaires 1700, 1800, et 1900… et donc susceptible de correction grégorienne ;

– Celle d’avoir réduit d’un jour, au lieu d’en ajouter un, au comput du Calendrier grégorien…

Il faut rappeler ici en effet, que le Calendrier Julien – du nom de l’empereur romain Jules César, qui l’a institué à compter de l’An 45 avant Jésus-Christ – a été adopté par les Chrétiens qui datent le commencement de l’Ere chrétienne à compter du Samedi 1er Janvier de l’An I. Ce calendrier fixait la durée de l’année solaire à 365, 25 jours en prévoyant d’intercaler une année bissextile tous les quatre ans, en ajoutant un jour – celui marquant le 29 février – à la date des millésimes divisibles par 4, comme l’an 0004, l’an 0168, l’an 1580, etc.

La tradition berbère indique que le Calendrier amazigh a été institué 950 ans avant l’ère Chrétienne, soit 905 années avant l’adoption du Calendrier Julien. Nul doute que ce Calendrier amazighe, comme les calendriers solaires de l’époque, était en fait essentiellement un calendrier agraire, et fixait la valeur de l’année solaire à 365 jours, en se fondant comme les autres peuples, sur l’observation des deux Equinoxes (Printemps et Automne) et les deux Solstices (Eté et Hiver). Cette valeur de l’année solaire était répandue à l’époque, y compris chez les civilisations dites précolombiennes, Aztèques, Mayas et Incas ; particulièrement chez les grands astronomes que furent les Incas.

En 1582, il y eut une correction fondamentale du Calendrier Julien en raison des retards observés des saisons – déterminées comme on sait, par l’observation des Equinoxes – par rapport aux dates calendaires.

Ainsi a été institué sous l’égide du Pape Grégoire XIII, le Calendrier grégorien qui porte son nom et qui entré en application à Rome, à compter du 15 octobre 1582, avant d’être progressivement adopté par tous les autres pays. Le Calendrier Grégorien apporte deux modifications fondamentales au calendrier Julien :

1°) La première modification a consisté à rattraper le calendrier Julien en lui ajoutant les 10 jours de retard sur le soleil, qui se sont accumulés. Ainsi, au lendemain du Jeudi 04 Octobre 1582, a succédé le Vendredi 15 Octobre 1582.

2°) La seconde modification a eu pour but de corriger les écarts croissants constatés entre la durée réelle de l’année solaire – ou année tropique – qui est de 365,24219878 jours et l’année julienne de 365,25 jours, trop longue d’un peu plus de 3 jours tous les 400 ans : (365,25 x 400) – (365,24219878 x 400) = 3,120488 jours. Cette correction a consisté à se rapprocher davantage de l’année solaire réelle en fixant la durée du Calendrier Grégorien à 365,2425 jours au lieu des 365,25 jours du calendrier Julien. Soit une amputation de : (365,25 x 400) – (365,2425 x 400) = 3 jours tous les 400 ans. Ces 3 jours, il a été décidé de les supprimer des années séculaires non divisibles par 400 – comme 1700, 1800, 1900, 2100, 2200, 2300… etc. – en leur enlevant donc leur caractère d’années bissextiles. En revanche, les années séculaires divisibles par 400 – comme 1600, 2000, 2400, etc., – demeurent bissextiles et donc, non susceptibles de correction.

De tout cela, il résulte logiquement donc, que le 1er Yennayer de l’an 2014 – année Julienne –correspondra au mardi 14 Janvier 2014 et donc fêté en sa veille, le lundi soir 13 janvier 2014, comme chaque année, depuis les années 1900. Et non le 12 janvier 2014 !

Démonstration : La correction grégorienne a eu pour conséquence d’augmenter de 3 jours tous les 400 ans, l’écart entre la correction originelle – qui était de 10 jours – et la date grégorienne considérée. Ces 3 jours proviennent du fait de l’”omission” du jour bissextil pour les années séculaires non divisible pas 400 – comme 1700, 1800, 1900, 2100, 2200, 2300, etc.

C’est ainsi que les dates du 1er Yennayer (ou 1er janvier du Calendrier Julien) pour les siècles passés, depuis l’entrée en vigueur du Calendrier grégorien jusqu’à nos jours, ont eu lieu ou auront lieu respectivement :

– Tous les 11 Janvier pour le XVIIème siècle (1601 – 1700) ;
– Tous les 12 Janvier pour le XVIIIème siècle (1701 – 1800) ;
– Tous les 13 Janvier pour le XIXème siècle (1801 – 1900) ;
– Tous les 14 Janvier pour le XXème siècle (1901 – 2000) ;
– Tous les 14 Janvier pour le XXIème siècle (2001 – 2100), siècle séculaire divisible par 400 et donc, ne comportant pas de correction parce que l’année 2000 est bissextile.

On aura donc noté que pour l’année 2000 qui est divisible par 400, le jour bissextil a été normalement ajouté avec le 29 février 2000; ce qui signifie que : AUCUN CHANGEMENT ne doit être apporté pour la date de Yennayer jusqu’en l’An 2101, année où cette fête sera décalée d’un jour plus tard; Ce qui nous donne la progression suivante pour les siècles futurs :

– Tous les 15 Janvier pour le XXIIème siècle (de Janvier 2101 – Janvier 2200 inclus) ;
– Tous les 16 Janvier pour le XXIIIème siècle (de Janvier 2201 – Janvier 2300 inclus) ;
– Tous les 17 Janvier pour le XXIVème siècle (de Janvier 2301 – Janvier 2400 inclus) ;
– Tous les 17 Janvier pour le XXVème siècle (Janvier 2401 – Janvier 2500 inclus), siècle séculaire divisible par 400 et donc ne comportant pas de correction, parce que l’année 2400 est bissextile.
– Etc. etc. etc.

Dieu merci, notre pauvre monde a déjà depuis longtemps la tête profondément enfoncée dans son propre crépuscule et il n’y a aucune chance, pour que les générations futures iraient jusqu’à fêter le “Yennayer” un 15 Août, comme ce sera le cas – en théorie du moins – pour l’An 30401 !…

Quant aux mystificateurs déculturés, voire incultes, et autres apprentis sorciers des associations berbéristes activistes et sectaires (cf : http://www.tamazgha.fr/Yennayer-avec-Tamazgha.html) qui font feu de tout bois pour alimenter leurs desseins inavouables – et ceux de leurs maîtres – en semant davantage de discorde et de division, au sein d’un peuple algérien qui n’en peut déjà mais, et depuis si longtemps, ils feraient mieux de consacrer un peu de leur temps au Temps, c’est-à-dire à l’Histoire vraie, à leur Histoire. Non pas celle que leur enseigne à Paris, l’ancien colonisateur, mais celle des géants comme les Ibn Khaldoun, les Tewfik El Madani, les Pierre Rossi, les Abderrahmane Djilali ou, plus près de nous, le regretté Dr. Abou Kacem Sadallah qui vient de nous quitter il y a moins d’un mois; et pour ne citer que ceux-là.

Ils y découvriront ce que furent les civilisations de leurs lointains ancêtres venus du Proche et Moyen-Orient, Philistins, Phéniciens, Araméens, Cananéens… etc.

Ils y découvriront aussi – au grand dam des aventuriers politiques irréductibles et autres mercenaires au service de l’incessante Croisade contre l’Islam, d’un Occident définitivement asservi au sionisme et au Capital – que le grand peuple berbère du Maghreb, plonge ses racines, ses traditions et sa culture, dans les mêmes veines ethniques, géographiques, historiques et spirituelles que ceux qu’ils appellent “les arabes” avec cette pointe d’arrogante suffisance, si caractéristique de la stupidité et de l’ignorance.

Abdelkader Dehbi
source : ici 

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One thought on “Yennayer, entre la vérité historique et l’imposture raciste -Dehbi Abdelkader أ ذهبي عبد القادر – يناير : ما بين الحقيقة التاريخية و التزوير العنصري

  1. الإدريسي: السنة الأمازيغية “أكذوبة” .. تاريخ مزور وتسمية سياسية
    الإدريسي: السنة الأمازيغية “أكذوبة” .. تاريخ مزور وتسمية سياسية
    رشيد الإدريسي*
    الجمعة 05 يناير 2018 – 06:00
    نقطة الانحراف

    لم يسبق للمغاربة طوال تاريخهم المديد أن عرفوا ما يسميه البعض اليوم بالسنة الأمازيغية، فقد ظهر هذا الاسم أول ما ظهر مع المستعمر الفرنسي الذي كان من مصلحته أن يقيم نوعا من الميز بين المغاربة، بهدف تحقيق مشروعه المتمثل في التفرقة من أجل السيادة على الوطن وإدامة وجوده في المغرب. ولذلك عمل المؤرخون وعلماء الاجتماع الذين كانوا يشتغلون في تعاون وثيق مع الإدارة الاستعمارية على تغيير ما كان يسميه المغاربة، وسكان شمال إفريقيا عموما، بالسنة الفلاحية وأعطوه اسما جديدا هو التقويم البربري calendrier berbère Le، وهي التسمية ذاتها التي تحولت فيما بعد لتعطينا ما يسمى اليوم كذبا “السنة الأمازيغية”.

    وافتعال هذه التسمية وكذبها واضح، على اعتبار أننا عندما نعود لكتب التاريخ لما قبل المرحلة الاستعمارية، لا نجد أي إشارة لارتباط هذا التقويم بعرق من الأعراق، لا أمازيغي ولا عربي ولا إفريقي ولا أندلسي… بل هو تقويم فلاحي كان يعتمده كل المغاربة بدون استثناء، سواء أكانوا ناطقين بالأمازيغيات أم بالدوارج العربية أم بغيرها من اللغات الأخرى. ويكفي الرجوع لكتاب الفلاحة لمحمد ابن أحمد بن العوام الإشبيلي الذي يعتبر من أكبر الموسوعات الفلاحية للتثبت من ذلك، حيث لا نجد ذكرا ولا أي إشارة لهذه التسمية، مع أن الكتاب تحدث عن أوقات الزراعة وأدق الدقائق المتعلقة بالمجال الفلاحي.

    تقويم روماني

    السنة الأمازيغية المسماة بـ “يناير” مع تشديد النون، ليست سوى التقويم اليولياني نسبة إلى الإمبراطور والقائد السياسي والكاتب الروماني يوليوس قيصر Jules César الذي اعتمده رسميا سنة 45 قبل الميلاد. وهذا التقويم اليولياني نفسه هو الذي تم إخضاعه لسلسلة من التعديلات التي قام بها كبار الفلكيين الرومان، بطلب من رجال السياسة أو رجال الدين في مرحلة تالية بعد تحول روما إلى المسيحية واتخاذها دينا رسميا للإمبراطورية. وقد اعْتُمِد تقويم يولويوس قيصر لفترة تاريخية امتدت إلى غاية القرن السادس عشر، حيث تم تعويضه بالتقويم الغريغوري الذي اشتقت تسميته من اسم البابا غريغوري الثالث عشر الذي حض الفلكيين على تعديل التقويم اليولياني لعدم دقته بالقدر اللازم. وهذا التقويم الغريغوري هو التقويم المعتمد إلى يومنا هذا، والذي أصبح عالميا انطلاقا من بداية القرن العشرين.

    والاسم الذي يحمله هذا التقويم في السياق المغاربي ككل، أي ينَّاير، ليس سوى اسم أول شهر في التقويم اليولياني الروماني. فيناير بتشديد النون ليس اسما أمازيغيا كما يدعي البعض ممن يعملون على تأسيس ذاكرة مزورة لجزء من المغاربة والتهييء لإدخالهم في صراع رمزي مع جزء آخر، والانتقال فيما بعد لتحويله إلى صراع فعلي.

    والحفريات التاريخية لهذه التسمية، تتثبت خاصية التزوير هذه بما لا يدع مجالا للشك؛ فـ “ينَّـــاير” Yennayer ليست سوى النطق الروماني للفظة Janvier، والتسمية الإنجليزية لهذا الشهر أي January تثبت القرابة بين التسمية الرومانية والتسمية المستعملة اليوم في كل اللغات العالمية. وإذا أخذنا بعين الاعتبار أن حرف « J » في بداية January أو Janvier لم يكن مستعملا أصلا في اللغة اللاتينية القديمة، وأنه لم يدخلها إلا في القرن السادس عشر، اتضح لنا لماذا لا نجد لهذا الحرف أي أثر في تسمية هذا الشهر باللغة العربية، حيث نسميه بـ “يناير، تماما كما هو الشأن في التسمية اللاتينية والتسمية الشعبية المشتركة بين كل لغات المغرب.

    ولذلك فإنه من أجل فهم معنى يناير، يلزمنا الرجوع إلى اللغة اللاتينية التي كانت معتمدة من طرف الرومان، حيث تؤكد المعاجم أن Janvier الذي يقابله يناير في اللغة العربية، هي لفظة مشتقة من اسم الإله جانوس Janus إله البوابات والمداخل والإنتقالات والطرق والممرات والمخارج في الميثولوجيا الرومانية،

    ويُرْمَز لهذا الإله بصورة إنسان بوجهين، ينظر أحدهما جهة اليمين والآخر جهة اليسار، مثله في ذلك مثل الباب الذي له وجه ظاهر ووجه باطن.، أي أن أحد الوجهين ينظر للمستقبل والوجه الآخر ينظر للماضي، وهي نفس خاصية شهر يناير الذي “ينظر” بوجه لنهاية السنة التي توشك على الانتهاء، وبالوجه الآخر للسنة الجديدة التي توشك على البدء والانطلاق. كل رموز هذه التسمية إذن لاتينية رومانية، فكيف يصح الحديث عن التقويم بوصفه أمازيغيا.

    تسمية سياسية

    بعد هذه التوضيحات يحق لنا أن نتساءل لماذا عمل منظرو الاستعمار الفرنسي على إطلاق تسمية سنة أمازيغية على هذا التقويم، بدل السنة الفلاحية أو التقويم اليولياني. والجواب واضح، فذلك يدخل في إطار خطة شاملة كانت ترمي إلى فصل المكون السكاني الأمازيغي عن عمقه العربي، وتزويده بخلفية ثقافية ورمزية خاصة، بحيث يتم سجنه في إطار ضيق يقوم على الأساطير ذات البعد السياسي الخطير، والتي لا يتم الانتباه إليها إلا بعد فوات الأوان وبعد أن تكون قد أدت وظيفتها السياسية.

    ومن هذه الزاوية وبهذا التقويم الذي أصبح يحمل بعدا عرقيا، كان الهدف هو فصل الناطقين بالأمازيغية عن التقويم الهجري الذي يجعلهم مرتبطين بحدث الهجرة الذي يجد جذوره في الجغرافيا العربية، فيجعل بالتالي على مستوى المتخيل جغرافية المغرب وجغرافية المشرق جغرافية مشتركة.

    الهدف إذن من هذه التسمية “السنة الأمازيغية” هو تحقيق الانفصال داخليا بين مكونات البلد الواحد، لكن الخطة لا تقف عند هذا الحد، بل تتعداه لتحقق الاتصال من جهة أخرى. فبما أن هذا التقويم روماني الأصل وبما أنه حُمِّل صفة الأمازيغي قسرا، وبما أن المستعمر الفرنسي يعتبر نفسه وريث روما وممثلها على أرض المغرب في العصر الحديث، فإنه بذلك يقيم نوعا من الاتصال بين الناطقين بالأمازيغية والمستعمر الفرنسي، بعد أن يكون قد كسر الجسور التي تجمعهم بالثقافة العربية ورموزها التاريخية والتي من بينها التقويم الهجري. وتبعا لذلك يتم إخراج المكون الأمازيغي من سياق الحضارة العربية الإسلامية وإدخاله في السياق الحضاري الروماني الغربي، وتحويله إلى معول لتدمير المنطقة وإفقادها لعنصر الانسجام والاستقرار على المدى البعيد.

    التاريخ المزور

    وهذا النوع من الخطة التي وقفنا عليها على مستوى التسمية، نجدها كذلك في قراءة التاريخ. فقد عمل أصحاب الدعوة إلى السنة الأمازيغية، من نشطاء الأمازيغية في صيغتها الكولونيالية، على تزوير التاريخ لينسجم مع توجهاتهم الانفصالية، سواء على المستوى الوطني القطري أو على المستوى الإقليمي.

    وقد تمثل ذلك في “ابتكار” هؤلاء لحدث تاريخي يقوم في تفصيلاته على الكذب، فاعتبروا أن السنة الأمازيغية تعود إلى حدث انتصار الملك شيشنق أو شيشونغ على فرعون مصر عام 950 قبل الميلاد، وربطوا هذا الانتصار الموهوم بهذا التقويم واعتبروه منطلقا للاحتفال بهذه السنة. وكل ذلك عبارة عن أكاذيب وقراءة ناتجة عن الدراسات الفرعونية الفرنسية والأمازيغية النزوعية، التي أعطت لهذه المناسبة تسمية عرقية لتحقيق أهداف جيوستراتيجية، على عكس المغاربة وغيرهم من سكان شمال إفريقيا، الذين لم يربطوا هذا التقويم بهذه الشخصية التي لا تمت لتاريخهم بصلة، بل سموه بالتقويم الفلاحي الذي يحمل بعدا طبيعيا بيئيا نفعيا بريئا.

    وشيشنق هذا الذي يتم الحديث عنه بوصفه أمازيغيا هو مصري خالص، ولا علاقة له بالأمازيغية إلا بوصف أصول جده الخامس التي ترجع لإحدى واحات الصحراء الليبية، وهذا هو كل ما في الأمر، وإلا فهو مصري بلغته ومصاهراته ولباسه ورموزه وعاداته وسحنته وملامحه، كما يتجلى ذلك مما نقله التاريخ ومما يمكن ملاحظته في النقوش التي وصلتنا.

    هذا بالإضافة إلى تكوينه، إذ أنه ورث وظيفة الكهانة عن أسرته التي انخرطت في السلك الديني الفرعوني لما يفوق خمسة أجيال. فما يقال عنه من كونه أمازيغيا هزم المصريين واستولى على الحكم هو مجرد كذب، لأن المؤرخين يتحدثون عنه بوصفه مصريا بكل معنى الكلمة، بل إن أسلافه كانوا يحظون بعدة مناصب سياسية وعسكرية ودينية في فترة حكم السلالة السابقة على حكم سلالته. وقد أمكنه أن يتصاهر مع الأسرة الفرعونية المالكة الواحدة والعشرين بتزويج ابنه بابنة آخر ملوك هذه الأسرة، وبموت هذا الأخير فرض نفسه كفرعون للأسرة الثانية والعشرين.

    هذا هو التاريخ كما يورده أهل التخصص، وهو ما ينسجم مع قوة الفراعنة وسعة سلطتهم وحضارتهم التي استطاعت أن تدمج داخلها مختلف الأجناس وتُمَصِّرَها بشكل كامل. أما الحديث عن هجوم شيشونغ على مصر وانتصاره على الفراعنة، فهو عبارة عن أسطورة سياسية هدفها خلق نوع من العداء التاريخي الوهمي الموغل في القدم بين مصر ودول المغرب العربي ككل. والعداء يتوجه إلى مصر بالذات لأنها تعتبر داعمة للعمق العربي في المنطقة المغاربية التي يراد لها أن تسجن في عرق أمازيغي نزوعي ضيق، يقوم على العداء لكل ما له علاقة بالعربية وثقافتها ورموزها وتاريخها. وبهذا “المونطاج” التاريخي القائم على الكذب، يصبح الاحتفال بالسنة الأمازيغية احتفالا بالعداء بين مصر العربية والأمازيغ الذين يمثلهم شيشونغ، والذي تبين لنا أنه مصري فرعوني ولا علاقة له بالثقافة الأمازيغية لا من قريب ولا من بعيد.

    الانفصال الرمزي

    والملاحظ على الداعين لاعتماد هذا التقويم القائم على تزوير التاريخ، ممن ينسبون أنفسهم إلى الحركة الأمازيغية، هو إعلاؤهم من شأن شيشنيق حسب تصورهم له، وهو شخصية، كما رأينا، لا تربطها أي علاقة بالمغرب، ولم يسبق للمغاربة أن عرفوا اسمه، ولم يرد في كتبهم ولا في ذاكرتهم ولا في تراثهم الشفهي أي إشارة إليه لا من بعيد ولا من قريب. وإعلاء النزوعيين من شأن هذه الشخصية، يركز بالخصوص على غزوه لمصر، وهو ما يكشف عن جوع قاتل إلى الانفصال عن المحيط العربي وإلى الرغبة في التشبع بالأمجاد ولو كانت وهمية. وسبب ذلك هو تنكر هؤلاء النزوعيين العنصريين لكل ما له علاقة بتاريخ الأمازيغ في إطار الثقافة والحضارة العربية الإسلامية، حيث يجدون أنفسهم فقراء خارج هذا الإطار، فيسعون للتشبث بأي عنصر من عناصر الثقافات الأخرى وادعائها لأنفسهم لسد جوعتهم الحضارية.

    إن الهدف النهائي لتركيب الأحداث بهذا الشكل، هو إلقاء بذور الطائفية في المغرب وبث الانفصال الرمزي بين مكونات صهرتها مختلف الدول التي تعاقبت على حكم المغرب، وبذلك يصبح لـ”الأمازيغ” رموزهم الخاصة ولـ”العرب” رموزهم التي لا يشاركهم فيها أحد، للعرب تقويمهم الهجري الذي يرتبط برسول “عربي” تُضفى عليه دلالات عرقية، وللامازيغ تقويمهم الذي يرتبط بشيشنيق المصري الثقافة والذي يسجن هو الآخر في انتماء أمازيغي لا وجود له في التاريخ. وفي مقابل الإعلاء من شأن هذا الأخير واعتبار دخوله مصر بطولة وانتصارا، يتم التقليل من شأن الفتوح العربية التي تصبح على لسان هؤلاء العنصريين غزوا وهمجية، يجب إعادة عجلة التاريخ إلى الخلف لفصل مكونات المغرب التي عملت هذه الفتوح على وصلها.

    صناعة الصراع

    ننتهي إذن إلى أن الدعوة إلى اعتماد هذا التقويم بهذا الفهم وبهذه القراءة السياسية العنصرية النزوعية، ليست مجرد دعوة إلى الاحتفال بمناسبة طبيعية كما كان عليه الشأن فيما مضى، بل هي مشروع لخلق الطائفية في المغرب وخطوة أساسية لإعادة قراءة تاريخ المغرب والمنطقة المغاربية ككل، من زاوية عرقية انفصالية تعمل على كسر جسور تاريخية أصيلة، وتعويضها بجسور اصطناعية ترمي إلى تحقيق مصالح جهات “مجهولة” لا تظهر في الصورة في هذه المرحلة بعد أن أسندت مهمة تنفيذ خطتها لوكلاء يرفعون شعار الأمازيغية ويعملون جاهدين على فصل كل ما وصله التاريخ، إذ بعد ابتكارهم للغة أمازيغية (ممعيرة) مصطنعة تقف في وجه اللغة العربية وتشوش عليها، وبعد استيرادهم لحرف فينيقي (تيفيناغ) وتلويث أذهان النشء بأحرفه الغريبة، وبعد فرض كتابة هذه الأحرف من اليسار إلى اليمين، لتتصادم مع الحرف العربي المكتوب من اليمين إلى اليسار

    ، وبعد وبعد …جاء الدور على التاريخ من باب التقويم، وجاء الدور على أحداث هذا التاريخ لتعاد قراءتها من زاوية الصراع الذي يُختلق في حالة عدم وجوده ويُضَخَّم إن وجد، لكي يساهم في إطلاق شرارة الصراع في وقتنا الراهن. لذلك نقول عن السنة الأمازيغية بأنها أداة احتفالية في الحاضر، وهذا ما يراد إقناعنا به، لكنها أداة لصناعة المأساة في المستقبل، وهذا ما يراد إخفاؤه عنا.

    *أستاذ بجامعة الحسن الثاني/ كلية الآداب بنمسيك/ الدارالبيضاء – المغرب

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